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La colère est une émotion mal-aimée et trompeuse. Elle est protéiforme, mélange de sensations physiques ancestrales, dirigée par la peur ou par la tristesse. Malheureusement, elle est souvent un piège et nous aveugle.

La colère est une manifestation de la vie

Quand nous sommes en colère, le coeur bat plus vite, la température du corps augmente. Nous sommes en vie et nous montrons notre énergie. Nous sommes prêts à combattre. Elle cache souvent de la tristesse ou de la peur.

Colère et énergie de vie

De sentir cette énergie de vie à l’intérieur de soi permet à certains de se sentir en vie. Certaines personnes, qui ont envie de mourir inconsciemment, objectent constamment. Quand elles disent non, elles se sentent exister. Elles peuvent se mettre ainsi en colère à tout instant, s’indigner pour la condition animale, la condition féminine ou la condition humaine. Cela leur permet d’exister, de se sentir en vie.

En présence de telles personnes, changez d’avis. Vous verrez alors si elles restent constantes ou si elles changent d’avis aussitôt. Vous pouvez leur parler de manière négative, poser des questions telles que : »Tu n’as pas envie de ne pas rester ce soir ? » ou « Tu n’as pas envie de ne pas être en paix ? »

Colère et tristesse

La colère cache souvent la tristesse, en particulier dans le deuil. Elle cache aussi un désir de vengeance « pourquoi m’as-tu abandonné ? » dit la personne en colère contre l’être cher qui est mort.

Un client qui se met en colère contre son thérapeute exprime sa tristesse et son désir de liberté. Elle lui est bénéfique.

Colère et peur

La colère masque quelquefois la peur. Celle-ci est peut-être la peur d’être abandonné, de ne pas être accepté par autrui. Bert Hellinger dit qu’un homme en colère défend souvent sa mère. Les enfants hyperactifs ont souvent peur que les parents s’en aillent rejoindre d’autres personnes mortes.

La colère cache une impuissance

Colère et violence sont des manifestations d’impuissance d’origine personnelle ou transgénérationnelle. C’est pour cela qu’il est très difficile de réussir une thérapie émotionnelle orientée uniquement sur le ressenti. Vous risquez de chercher en vain l’origine de votre colère dans votre histoire personnelle. Nous reprenons ici des comportements liés à des dynamiques personnelles : remercier, demander ou accepter de voir partir un être cher.

Remercier

C’est le cas le cas le plus courant de la colère. Nous sommes en colère contre quelqu’un parce que nous ne voulons pas lui dire merci. Voici quelques exemples :

  • Quand l’équilibre est rompu dans un couple, la personne qui a le plus reçu aura tendance à partir. Nous sommes en colère contre notre conjoint pour ne pas avoir à le remercier de sa bienveillance, du temps qu’il passe avec nous. 
  • Quelqu’un vous a fait un cadeau et, vous sentant incapable de lui rendre, vous êtes en colère contre lui. S’il vous est désagréable d’accepter que quelqu’un vous paye la location de la voiture, vous prendrez un prétexte pour partir en colère. Comme cela, vous n’aurez pas à remercier.
  • Vous rendez autrui responsable de votre état. Votre père s’est suicidé et vous êtes en colère contre lui ?  Dites-lui merci pour la vie qu’il vous a donnée et sentez la différence. Comme le dit Bert Hellinger

La vie est un cadeau, alors on dit…

Si vous êtes en colère et que le mot magique « merci » vous est insupportable, vous êtes dans cette dynamique.

Demander

Cette dynamique est moins courante de la précédente. Par peur d’avoir une réponse négative à sa demande, la personne se met en colère, en avance.

  • Dans un magasin, une personne se mettra en colère en disant « Comment ! Ici, les vendeurs ne s’occupent pas des clients ».
  • Au lieu de demander gentiment la direction au conducteur, vous lui dites en colère : « as-tu l’intention de me dire où tu vas ? »

Il est plus simple et plus dangereux de demander et de faire la différence entre demande et exigence. Si vous êtes en colère et que le mot magique « s’il vous plait » vous est insupportable, vous êtes dans cette dynamique.

Impuissance de retenir quelqu’un

La mort ou l’envie de mourir d’autrui met en colère la personne qui ne l’accepte pas.

  • Quand des parents battent leurs enfants, ils sont en colère contre la vie. Inconsciemment, ils sont fidèles à des êtres chers qui sont morts, des frères, des soeurs, ou des enfants. Ils lèvent la main sur leur enfant leur disant « comment oses-tu être en vie alors qu’un de mes êtres chers est mort ?’ En réalité, ils ne voient pas l’enfant vivant. Ils sont pris dans la douleur de l’être mort.
  • C’est aussi le cas de la colère de l’enfant contre ses parents qui veulent partir. Ne sachant pas comment les retenir, il exprime sa colère.

Ces dynamiques familiales sont très puissantes et seule une constellation familiale saura les mettre à jour.

En être conscient et non la vivre

Alors, que faire face à sa colère ? L’important est de trouver une stratégie pour la traiter à chaud et de prendre le temps de la traiter à froid. Faites-vous aider, tenez votre journal de bienveillance… envers vous-même. Ce sera l’objet du prochain article.

Prendre du recul

Comme le dit Jack Kornfield :

C’est la manière dont nous nous situons par rapport à nos émotions qui nous enchaîne ou nous libère.

Pour cela, vous pouvez méditez ou utiliser des papiers au sol et suivre un protocole de PNL pour prendre du recul sur cette colère. « Qu’est-ce que cela me fait d’être en colère ? » Plus vous êtes connectés avec vous-même, plus vous êtes en paix avec vous-même. Plus vous aurez d’empathie envers vous-même, moins vous serez en colère contre autrui.

Posez-vous les questions suivantes

Comme vous avez lu consciencieusement cet article depuis le début, vous comprendrez le sens des questions suivantes :

  • Qu’est-ce que cela me fait d’être en colère ? Cache-t-elle de la peur ou de la tristesse ? Ai-je peur que quelqu’un parte ?
  • Dois-je remercier quelqu’un ? Essayez de dire merci à la personne contre laquelle vous êtes en colère. Vous lui devez quelque chose ? Vous est-il impossible de rétablir l’équilibre ?
  • Quel est mon besoin ? Ai-je besoin d’empathie et je n’ose pas le demander ?
  • Suis-je en permanence dans l’objection ? Est-ce que j’ai  envie de mourir ?

 

Source : http://www.psytherapeute.com/etes-vous-souvent-en-colere/